Hypnose

Le monde ne se réveillera pas

Chaque jour un cauchemar différent

Chaque nuit un mirage. Du vent

Le monde ne se réveillera pas

Nous sommes beaucoup trop indifférents

Beaucoup trop rivés sur nos écrans

Et même si une larme perle de mes yeux de temps en temps

Je me rendors vite avec le monde somnolent

Courir sur les berges de mes songes enchantés

Le monde ne se réveillera pas de sa nuit agitée

Sinon pour taillader ses veines et sombrer dans la folie

D’un monde qui a trop dormi.

Non le monde ne se réveillera pas

Sinon pour enterrer ses morts et emprisonner ses justiciers

Violer ses enfants, calomnier ses rois et célébrer ses vauriens

Clamer l’équité alors qu’il n’en est rien.

Et que tout le monde sait

Que le faible n’est pas celui qui crie le plus fort, mais que la mort elle,

Est vérité. Le monde ne se réveillera pas de cette apnée burlesque

Qui donne raison ou tort suivant le poids de la monnaie.

Dans ses nuits agitées, le monde m’a murmuré

En lingala, en français et aussi en mots empruntés

Que ce qui nous unit, l’argile, l’eau, les rêves et les regrets,

S’est fissuré et laisse passer les turpitudes de nos âmes déconcertées

Que ce qui nous unit, l’argent, l’ivresse, les soupirs, les nuits ensorcelées

Ne suffira pas pour espérer revivre un jour la douceur d’une aube sobre

Et oser imaginer le réveil de ce monde décadent

Sans frontières

Sans esclaves

Ni inceste ni disparition

Ni famine ni discrimination

Sans couleur, sans bavure

Sans tâche ni rature

Pas d’identité, rien.

Juste humain.

Le monde ne se réveillera pas

Nous sommes beaucoup trop nombreux

Avec des rêves éparses

Et des projets si différents.



Douce chaleur

Douce chaleur, par toi je ressuscite

Par le souffle d’une âme sœur

Revit la braise

La chaleur au milieu de mes cendres
Feu, maintes fois effacé
Maintes fois rabroué
Durci en noir charbon
Et expulsé de ma raison
Feu,
Ravivé par le souffle chaleureux
D’une âme
D’une sœur
D’un amour éperdu
Par les liens invisibles de moi vers toi
De toi vers moi
De toi rallumant le feu de mon moi enseveli
Dans les décombres mélancoliques
Je te rends hommage, feu
Toi qui d’un sourire
D’une larme synchronisée
D’une conversation à demi mot
D’un récit prophétique
Propage ta chaude lumière en moi
Tu sembles naître d’un rien
D’où viens tu douce chaleur?
Sinon du Grand Marionnettiste
Celui qui tisse les âmes entre elles
Qui les fait se croiser et se décroiser
Feu,
Par ton souffle je me consume doucement
Versets psalmodiés, je meure agréablement
Lumière sur Lumière, n’est-ce pas la Vérité
Feu qui brûle de joie mes intérieurs en transe
Une fois la colère apaisée
Et les braises apprêtées
Je ressuscite par toi mon moi éparpillé
Feu, brûle moi langoureusement
Ma tête sur tes épaules je confierai ma peine
Et calmerai ma rage de ne jamais savoir
Garder intact le fil ténu de ma liberté
Brûle en moi mes pans de regrets
Ma crédulité qui me retient dans les liens
Sacré engrenage!
Feu, prête moi tes mains
Serre moi fort et dans ta douce chaleur
Berce moi encore

 



 

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